Sténopé (du préf. sténo, et du grec ops, oeil) n.m. Instrument photographique qui se compose d'un disque percé d'un trou infiniment petit, et qui remplace l'objectif.
Encycl.
Si les images ainsi obtenues ne sont pas aussi nettes que celles données par un objectif, elles présentent quelques avantages :
1. Elles sont géométriquement semblables à l'objet;
2. Elles sont dépourvues de toute déformation;
3. Les divers plans sont également nets;
4. L'angle embrassé peut atteindre 100 degrés;
etc.
L'image est d'autant plus nette que l'ouverture est plus petite (voir CHAMBRE NOIRE); mais on est limité par le phénomène de diffraction.
Chambre noire
L'origine de la chambre noire remonte à l'observation due à Léonard de Vinci, et non à J-B Porta, comme on le croit
généralement, des images données par les petites ouvertures. Si dans une paroi d'une chambre obscure, on perce un trou 0,
on voit sur le mur opposé se peindre l'image des objets extérieurs avec leur triple caractère de forme, de couleur et
de mouvement. Fixer cette image des objets en conservant leur forme exacte, leurs couleurs et leur mouvement, tel est le triple
problème de la photographie.
La formation des images dans la chambre noire s'explique aisément : des rayons lumineux
émis en tous sens par chacun des points A, B, C des objets extérieurs, seuls peuvent pénétrer dans
la chambre noire, ceux qui sont compris dans les cônes de sommets A, B, C et s'appuyant sur le pourtour de l'ouverture O;
ces faisceaux lumineux coniques viennent éclairer sur la paroi opposée de la chambre noire de petites surfaces
A', B', C' ayant la forme de l'ouverture. Si le diamètre de chacune de ces taches ne dépasse pas ce qu'on appelle le
diamètre du cercle de diffusion tolérée, elles donnent à l'oeil d'un observateur la sensation de points lumineux que
l'on peut considérer comme étant les points de rencontre des rayons des rayons lumineux AO, BO, CO avec la paroi de la chambre
opposée à l'ouverture. L'ensemble de ces points A', B', C' forme une image des objets d'autant plus nette, mais aussi d'autant
plus sombre que l'ouverture est faible. Néanmoins l'infinie sensibilité des préparations photographiques
(gélatino-bromure) permet de fixer ces images, qui sont d'ailleurs des perspectives exactes.
(LAROUSSE 1903)